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Sylvie Boisseau und Frank Westermeyer wählen für Ihre Projekte im öffentlichen Raum den Ort ihrer Intervention feinfühlig und sorgfältig aus. Sie tun dies mit einem Gespür für unpassende Gesten, ungewöhnliche Erlebnisse und mögliche Fiktionen.

Ihre Intervention Drive in Meeting Area befindet sich auf der Pendlerachse zwischen Genf (CH) und Annemasse (F) und beschäftigt sich mit der Frage des Durchgangs, der Migration: Für die einen ist dieser Ort ein Wohnort, für die anderen, die Grenzgänger und Pendler ist es ein Ort der Passage, ein Nicht-Ort. Die künstlerische Intervention greift in ein existierendes Café ein. Sie besteht aus einem Leuchtkasten und einem ausgewiesenen Parkplatz, der sich wie ein Keil durch die Hecke hindurch in die Terrasse des Cafés einfügt. Eine Markierung weist auf die neue Funktion hin: Die Spielregeln sind gegeben.

Zwei Welten, zwei Akteure stehen sich hier gegenüber in diesem Café mit dem treffenden Namen "Au Relais". Ursprünglich waren Relais Umspannstellen, an denen in regelmäßigen Abständen frische Pferde gegen müde Pferde ausgewechselt werden konnten. (Im erweiterten Sinn ist dies auch die Funktion der Raststätte: sich erholen, Kräfte tanken). Relais bedeutet auch Staffellauf – oder eine Etappe zwischen zwei Punkten in einem gegebenen Raum (ein Dazwischen). Die Nachfolge von jemandem zu übernehmen, als Vermittler dienen, ist es hier nicht die Rolle, die sich die beiden Künstler geben? Sie richten einen Ort der Begegnung ein, ein Bühnenbild (der Tisch und die Stühle sind etwas erhöht wie auf einer Bühne) des Austausches zwischen zwei Akteuren, die sich nicht kennen, die miteinander nicht verkehren: der Einheimische und der Pendler, der Fußgänger und der Autofahrer. In dieser Intervention wird der ursprüngliche Sinn eines Drive In auf den Kopf gestellt: Der Drive In wurde der Möglichkeit wegen erfunden, schnell konsumieren zu können, ohne aus seinem Fahrzeug aussteigen zu müssen. Sylvie Boisseau und Frank Westermeyer vertauschen hier die Werte und setzen auf einen möglichen Austausch von Geschichten und Anekdoten zwischen Individuen, die nichts verbindet, mittels einer Intervention die leicht ist (im Sinne der Einfachheit der Installation), zugleich kritisch und humorvoll.

Der öffentliche Raum ist Ort der unerwarteten Zufälle, des Experimentierens, offen für Interventionen, die bewusst ephemer sind an einem ephemeren Ort, dem Café, das demnächst abgerissen werden soll. 


Claire de Ribaupierre 

 

texte français

Sylvie Boisseau et Frank Westermeyer, comme dans leurs précédentes interventions dans l'espace public (Volksskulptur (Weimar 2005), Boîte aux lettres-sans levée (Berlin, 2004), Canopy public (Weimar 2003)…), choisissent le lieu de leur action avec acuité et finesse, attirés par les gestes incongrus, les expériences insolites et les récits potentiels. L'emplacement ici est situé sur l'axe de la route de Chênes, et concerne la question du passage, de la migration : pour les uns, ce lieu est un quartier d'habitation, pour les autres, les frontaliers, un lieu de passage. L'intervention artistique investit un café et se constitue d'une enseigne lumineuse, d'une place de parc marquée au sol qui s'encastre en triangle dans la haie de tuyas, signalant ainsi l'espace réservé : les règles du jeu sont données.


Deux réalités et deux acteurs se confrontent ici dans ce café si bien nommé, « Au Relais » : par définition, le relais est un endroit où des chevaux frais sont préparés de distance en distance pour remplacer ceux qui sont fatigués (par extension, c'est la fonction du bistrot: se reposer, reprendre des forces). Etre de relais, dit-on, lorsqu'on n'a point d'occupation présente (perdre son temps, passer le temps) – une course de relais (un passage furtif) – une étape entre deux points dans un espace déterminé (un entre-deux). Prendre le relais de quelqu'un – servir d'intermédiaire – n'est-ce pas le rôle que se donnent ici les deux artistes ? 

Ils constituent un lieu de rencontre, une sorte de scénographie (la table et la chaise sont par ailleurs surélevées sur une estrade qui a valeur de scène en quelque sorte) pour un échange de paroles entre deux acteurs qui ne se connaissent pas, ne se fréquentent pas : l'habitant et le frontalier, le piéton et l'automobiliste. Dans cette action, la logique du drive in est prise à contre-pieds : le drive-in a été créé pour avoir la possibilité de consommer rapidement et efficacement, sans sortir de son véhicule. Sylvie B. et Frank W. procèdent à un renversement d'un système de valeurs en pariant sur un échange potentiel de récits, d'anecdotes entre des individus que rien ne relie au préalable, par une intervention légère (simplicité du dispositif), critique et drôle.
L'espace public est abordé comme lieu d'expérimentation et d'expérience, pour une intervention volontairement éphémère dans un lieu éphémère (le café), voué à la démolition.


Claire de Ribaupierre